Flashback
Souvenirs rock du Bataclan
par Vanity Fair France

28 août 2019
En Janvier 2016, Vanity Fair France présentait un dossier complet et très bien documenté sur les années rock’n’roll du Bataclan. Et c’est le plus célèbre des rock critics français, Philippe Manœuvre, qui raconte ses souvenirs du Velvet Underground, de Prince, de Metallica, des riffs, de la sueur, des bières tièdes… Extraits.

Le tournant rock de 1969

« Des milliers de babyboomers cherchent alors leur dose de rock en live. La chose n’est pas évidente. L’Olympia est une salle réservée à l’élite des artistes qui doivent (pour y passer) se prévaloir au minimum d’un hit radio. Or, justement à cette époque, le rock mute et part dans l’underground. Soudain, révolution, on cherche moins le refrain accrocheur, on préfère offrir de vrais albums parfois conceptuels, avec de longues pièces ambitieuses. De psychédélique, le rock anglais tourne progressif, de nouveaux groupes surgissent mais Paris manque cruellement de salles de concerts. »

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« Du rock au Bataclan ? Grande première… Assaad Debs (futur patron de la société de production Corida) y tente son tout premier concert avec Soft Machine. L’idée est excellente : ce groupe anglais psychédélique a longtemps fait la première partie de Jimi Hendrix. Leur format est assez unique : c’est un trio orgue-basse-batterie. Leurs pièces souvent instrumentales leur valent un bon accueil à la télévision française et les louanges du magazine Actuel. Pour ce coup d’essai, le Bataclan est carrément plein. Au premier rang, Vincent Palmer. Le futur guitariste de Bijou assiste au concert au milieu d’une foule de jeunes chevelus en parkas vert kaki. ‘Et le Bataclan était encore un cinéma, avec les sièges pour voir un film.’ Le Bataclan avait été transformé en salle de cinéma »

L’émission Pop 2
prend racine au Bataclan

« Deux ans durant, Pop 2 enfourche et chevauche le libre dragon du rock qui emporte l’émission dans les délires de l’époque : blues surréaliste, super-groupes, glam, prog, krautrock, jusqu’aux prémices du punk. Pour les étudiants de l’époque, cette émission Pop 2 est une aubaine. Il faut comprendre qu’aucun d’entre nous ne possède le moindre téléviseur. Par contre, chaque mardi soir, on file d’un coup de métro au Bataclan pour découvrir les dernières lubies des rockers anglo-saxons. »

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« On se souvient des Roxy Music (avec Bryan Ferry et Brian Peter George St. John Le Baptiste de la Salle dit Brian Eno) venus interpréter brillamment l’intégralité de leur magistral premier album. Ensuite deux artistes psychédéliques légen-daires posent leur petit cirque sur les planches du Bataclan. »

 

New wave, rap, grunge…
mais le rock avant tout

« Les années 1980 sont le théâtre de grands changements dans le monde du spectacle. Porté par les Rolling Stones, AC / DC, Bowie, Michael Jackson, Johnny Hallyday et Madonna, le rock envahit les stades et pulvérise tous les records d’affluence. Le Bataclan reste dans la course. Vous avez dit new wave ? The Cure, Siouxsie and the Banshees et The Stranglers y donnent des concerts remarqués. Le rap arrive de New York avec Public Enemy. En 1982, grosse affaire, Bernard Zekri et Europe 1 organisent au Bataclan le festival New York City Rap avec Mick Jones de The Clash, Futura 2000 et Afrika Bambaataa.Dès 1990 arrive le grunge et bientôt la fin du rock de l’âge d’or. Mais au Bataclan, on persiste comme jamais : Nine Inch Nails, Marilyn Manson et Courtney Love (en porte-jarretelles et talons aiguilles et pas grand-chose d’autre que son groupe Hole) donnent tous leurs premiers concerts parisiens boulevard Voltaire. »

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