Le Parisien – Le Bataclan : Musique, sport, mode…
les projets de la directrice pour l’ouvrir à d’autres publics

20 septembre 2019
Nouvelle identité visuelle, nouvelle orientation, nouveau festival… la nouvelle directrice des lieux, nous dévoile ses ambitions et ses espoirs pour la salle parisienne.

Propos receuillis par Eric Bureau

Si vous êtes passés ces derniers jours boulevard Voltaire (Paris, XIe), cela n’a pas pu vous échapper. Le Bataclan a changé de couleur et de logo. Un changement d’image qui cache une métamorphose en profondeur, sous l’impulsion d’une nouvelle directrice, Florence Jeux, arrivée en décembre dernier dans la salle de spectacles parisienne, qui appartient à 100 % au groupe Lagardère depuis l’été 2018.

Cette Clermontoise de 36 ans, passionnée de musique depuis toujours, a laissé les Francofolies de La Rochelle, où elle était arrivée en 2012 comme programmatrice et dont elle était devenue la directrice générale, pour prendre les rênes d’un Bataclan en quête d’un nouveau souffle. Après neuf mois de travail, elle nous dévoile son projet et ses ambitions pour la salle endeuillée lors des attentats du 13 novembre 2015.

Crédit : LP/Philippe Lavieille

Ce n’est pas anodin de diriger le Bataclan. Pourquoi avez-vous accepté ce poste ?

FLORENCE JEUX. J’ai beaucoup réfléchi… Et j’ai accepté car il y avait une dimension sociale essentielle dans le projet et parce que ce lieu et son histoire me tiennent à cœur. Quand j’avais 16-17 ans, mes premiers concerts à Paris, c’était du punk-rock au Bataclan… Cette salle, c’est 160 ans ininterrompus de spectacles, c’est dingue ! Il fallait faire quelque chose de ce lieu.

Lorsque vous êtes arrivée, la salle « ramait » pour faire (re)venir des artistes…

Oui, il y a eu 30 % de spectacles en moins en 2017 et 2018. Mais en 2019, cela va mieux. Nous aurons accueilli plus de 100 spectacles alors que nous étions à 80 l’an dernier. Et nous n’avons pas de souci de fréquentation, la plupart des concerts sont complets. Ce matin (NDLR : jeudi dernier), nous avons vendu 1 000 places d’un spectacle en dix minutes. Le temps commence à faire son œuvre.

Ce n’est pas anodin non plus pour un artiste de se produire au Bataclan ?

C’est certain. Tout le monde a son histoire et sa sensibilité par rapport à cette salle. J’ai appris en neuf mois qu’on ne peut pas convaincre un artiste avec des arguments factuels, il faut qu’il ait envie de venir. Et pour cela, il faut à la fois faire preuve de pédagogie, retrouver de la sérénité – et en la matière les médias ont un grand rôle à jouer – et recréer une dynamique, qui passe par un nouveau projet et une nouvelle image… Cela commence à porter ses fruits. On est devenu une des salles fétiches de la K-pop (NDLR : pop coréenne très en vogue chez les jeunes ). Le fait qu’un chanteur aussi populaire que Jean-Louis Aubert vienne huit soirs en novembre et décembre est moteur. Le bouche-à-oreille fait beaucoup.

Quelle est votre ambition ?

Que le Bataclan soit un lieu de création, collaboratif et pluridisciplinaire. Produire des spectacles, je viens de là, c’est ce qui m’anime. On crée par exemple le festival « Walk Fest » en octobre, qui mixera musique et battle de danse hip-hop. Léo Walk, le danseur-chorégraphe avec qui on l’organise, est un artiste émergeant, à la fois exigeant et accessible. Nous avons les mêmes valeurs. On veut aussi être la maison des jeunes artistes, de cette génération qui travaille sans barrière, à la fois auteur, réalisateur, photographe… Le Bataclan a toujours été une salle avant-gardiste, où les scènes punk, électro et rap français ont émergé.

Nouveauté, vous accueillez des soirées de BOXE THAÏ

Oui, on veut développer le sport, mais aussi la mode, les conférences, les podcasts (NDLR : enregistrements d’émissions de radio en public). J’ai envie que les gens se réapproprient le Bataclan, que ce soit un lieu ouvert à tous les publics, ouvert sur son quartier, ouvert aux associations caritatives, comme le Secours populaire (NDLR : soirée Secours Pop Rocks, avec Hocus Pocus le 1er décembre). Bref, un lieu de vie. Le Bataclan est aussi historiquement social et engagé.

Comment se porte-t-il financièrement ?

Sans Lagardère, le Bataclan serait fermé. On perd de l’argent. Et malgré tout, le groupe investit beaucoup. J’ai recruté une personne pour la communication. En 2020, j’espère pouvoir faire des travaux dans l’entrée de la salle, les loges, le bar. On a plein de projets, liés aux archives, à la photographie. Pourquoi pas relancer une émission de télé comme « Pop 2 » qui, dans les années 1970, avait accueilli des groupes cultes comme le Velvet Underground. En tout cas, je n’ai pas de pression de rentabilité. L’enjeu est bien au-delà. C’est de faire vivre le Bataclan.

Et vous savez ce qu’en pensent les victimes et leurs familles ?

Celles que j’ai rencontrées veulent que le Bataclan vive. Encore lundi dernier, j’ai accueilli une vingtaine de familles de victimes dans la salle. C’est un lieu qui reste chargé émotionnellement au quotidien. Mais il y a beaucoup de victimes qui reviennent aux concerts et qui nous soutiennent. Là encore, le temps est notre allié.

 

Un article à retrouver sur leparisien.fr

Nous utilisons différents types de cookies dont des cookies tiers sur notre site internet afin d’améliorer votre expérience utilisateur, de mesurer l’audience, vous proposer des fonctions de partage sur les réseaux sociaux, permettre le visionnage et le partage de vidéos en ligne et proposer des informations sur les lieux de vie situés dans le quartier du Bataclan.

En cliquant sur « Accepter », vous acceptez notre charte de confidentialité et le dépôt des cookies pour les finalités précitées.

Si vous souhaitez paramétrer l'utilisation des cookies et/ou en savoir plus sur les différents types de cookies que nous utilisons, veuillez cliquer sur « En savoir plus et personnaliser ».
Personnaliser
Refuser
Accepter
Nous utilisons différents types de cookies tiers sur notre site internet afin de mesurer l’audience, vous proposer des fonctions de partage sur les réseaux sociaux et permettre le visionnage et le partage de vidéos.

En cliquant sur « Accepter », vous acceptez notre charte de confidentialité et le dépôt des cookies tiers pour les finalités précitées. Si vous souhaitez paramétrer l'utilisation des cookies tiers et/ou en savoir plus sur les différents types de cookies tiers que nous utilisons, veuillez cliquer sur « Personnaliser ».
Accepter